Year of the Horse

Publié le par Ze FML

yr-horse-9744.jpg“You can’t capture anything” - Poncho, from the Crazy Horse

 

Jim Jarmusch, fan de Neil Young, l’ avait sollicité pour composer la musique de Dead man. Neil Young, satisfait de cette collaboration, lui avait alors demandé à de réaliser le clip d’un de ses morceaux. Cette vidéo comprenait plusieurs extraits de concerts. De là est née l’idée de réaliser un long-métrage sur la tournée de Neil Young and the Crazy Horse.

 

Year of the horse présente, sous l’aspect documentaire, l’univers du groupe de Neil. La construction du film privilégie la musique, effaçant les discours analytiques au profit de la fusion des sons. Sous la caméra de Jarmusch,  le spectateur découvre alors la vie de la famille de la route : archives de tournées précédentes de 1976 et 1986, interviews des musiciens et de l’équipe technique, suivi dans les coulisses, les hôtels, sur scène … A travers plusieurs concerts, en France et aux Etats-Unis, Jim Jarmusch montre ce qu’est une tournée, comment elle se conçoit techniquement et artistiquement. Ce même si, comme le répète à plusieurs reprises Poncho, du groupe, dans le film, on ne peut résumer 30 ans de carrière par ce film.

 

Le film est cependant essentiellement composé de morceaux filmés durant les concerts, véritable captation de la musique dans ses instants les plus purs. Son grand intérêt est alors d’être résolument un film de musicien. Jim Jarmusch jouait lui-même dans un groupe, est constamment entouré de musiciens, et voue une passion sans limite à la musique de Neil Young, ce qui lui permet de capter l’énergie, la puissance et l’émotion de la scène. Son sens aigu de la musique accordé à son talent de cinéaste, crée une harmonie entre le style et les sons : ainsi, le cadre s’accorde aux rythmes, et la palette des différentes expressions filmiques, du noir et blanc à la couleur en passant par les angles de prises de vues, retranscrit le déluge sonore des pulling-offs et autres effets de guitare. Year of the horse, de ce point ce vue,  rappelle constamment le style de Henri-Jacques Debon, réalisateur du film de la tournée de Noir Désir en 1993, et de clips pour Noir Désir et des Thugs : tournage à l’épaule, alternance entre la scène et divers paysages, insertions de dessins, utilisations d’effets tels que la surimpression, le positif …

 

Cependant, si Jim Jarmusch réussit à dépasser avec brio le difficile écueil de la captation de concerts, il atteint pourtant les limites du genre, en tombant assez rapidement dans le film de fan. Aveuglé par sa passion, il oublie le spectateur  et s’attarde sur des morceaux trop longs qui, même s’ils relèvent de la magie musicale, n’en sont pas moins rébarbatifs car répétitifs et lassants pour le profane. Year of the horse est alors, plus qu’un documentaire, un film-hommage à un groupe, Neil Young and the Crazy Horse, dont Jim Jarmusch serait le premier admirateur. A réserver aux aficionados.

 

Publié dans Ciné-Mind

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article