Une légende en baie de Cannes

Publié le par Ze FML

88105_1297257960_france_613x420p.jpgIl fait très chaud ce vendredi midi, et la Croisette entière à les yeux rivés sur Le France, paquebot de légende, mastodonte des temps modernes, véritable star qui de cette fin de Festival, bien qu’un lézard gluant nommé Godzilla lui fasse un peu d’ombre.

 

13h00. La Patrouille de France rend son hommage, déversant ses fumigènes tricolores au-dessus de ce géant des mers, cristallisant la nostalgie du temps où il battait encore pavillon français. 

 

14h30. Sous le soleil brûlant, nous nous pressons pour embarquer à destination du France. A bord, beaucoup de vrais nostalgiques. Ils sont venus de Lyon, de Paris et même de Lille, juste pour approcher le bateau qui les faisait rêver, jusqu’à ce sombre jour de 1978 où ce fleuron de l’industrie navale a été vendu à un armateur norvégien. Quelques badauds aussi, qui veulent voir de plus près ce géant, effet Titanic oblige.

 

15h00. Voilà déjà un bon quart d’heure que nous tournons autour du bateau mythique… Impressionnant. Il est immense et beau, bien que l’arrière ait été élargi. Il garde cependant une ligne magnifique à faire pâlir les plus beaux navires du monde. Alors que les appareils photos crépitent, seule la bouteille de Cointreau gonflable à l’arrière du navire nous rappelle que ce géant a désormais perdu son âme, naviguant pour de sombres promoteurs, plus soucieux de sa rentabilité que de son prestige.

 

Lancé en 1960, le plus grand paquebot du monde participa à l’éclat de la France sur les océans du monde, jusqu’à ce que le choc pétrolier de 1973 mette brutalement fin à sa carrière. Ancré au Havre pendant 5 ans, il fut vendu à la Norwegian Cruise Line en 1978, sous la bannière de laquelle il fit sa première croisière en 1980.  Le France a subi de nombreuses transformations pour s’adapter aux nécessités économiques des croisières modernes. Il bat désormais pavillon des Bahamas.

 

De retour chez nous sous le nom de France pour le Festival de Cannes, il devait accueillir le dîner de clôture de ce 51° Festival de Cannes, programme annulé en dernière minute en raison d’une mutinerie déclenchée par les passagers, furieux du non-respect du programme promis par l’armateur. Alors qu’ils pensaient monter les marches et assister à la projection de Godzilla avant le dîner de clôture, ils ont appris le matin même qu’ils leur faudrait choisir entre les marches ou le dîner. D’où la révolte…

 

Face à la mutinerie, le commandant a annulé le dîner de clôture, estimant risqué de faire monter les festivaliers à bord. C’est donc au Majestic que ceux-ci se sont réfugiés … alors que certains mutins étaient conduits menottes aux poignets dans la cale du navire. Et dire qu’on ne leur a même pas projeté Les révoltés du Bounty !


Publié dans Cannes émois

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