Un pays...

Publié le par Ze FML

 

carte.jpg

 

Introduction

 

Définition du terme "pays" : Territoire d’une Nation. Etat. Ensemble des habitants [Peuple]. Une Région. 

De quoi parle Kusturica ?

 

Référence à la Yougoslavie.

 

Le terme "pays" évoque la Yougoslavie, car le contenu du film se réfère à des dates précises de l’Histoire de la Yougoslavie et des pays de l’est.

==> Chronologie

 

Kusturica nous fait traverser cinquante ans d’histoire de la Yougoslavie. Cette traversée du temps est indiquée par différents cartons :

  • 1941 : Invasion de la Yougoslavie par les Allemands.
    Chanson Lili Marlene – utilisée à chaque simulation d’attaque aérienne.
     
  • 1944 : Libération de la Yougoslavie par les Partisans et l’Armée rouge.
    Chanson référence à l’Union Soviétique.
     
  • 1961 : Sortie de la cave / Construction du mur de Berlin.
     
  • 1980 : Mort de Tito – Fin de l’unification Yougoslave.
    Chanson référence à l’Union soviétique.
  • 1991 : Guerre civile.

 

Ces périodes sont entrecoupées d’ellipses dont la plus importante est la fausse ellipse entre 1961 qui marque la sortie de la cave et 1991 qui marque la période contemporaine. Kusturica fait des bonds dans l’Histoire !

 

"Il était une fois un pays …" c’est raconter mais aussi rêver… La scène finale, qui présente une union possible entre les personnages, dans l’au-delà, montre bien la conscience qu’a Kusturica de l’utopie que représente la réalité historique de la Yougoslavie.

 

Comment parler de la Yougoslavie en dehors de la fédération de Tito ?
Les perpétuels mouvements qui ont remué (et qui continue de remuer) les Balkans rendent difficile une définition de l’identité yougoslave. Mais ne commençons pas à rentrer dans de si délicates questions…. nous manquerions de discernement.

 

Universalité du propos

 

Kusturica aurait pu appeler son film "il était une fois la Yougoslavie"

Pourquoi alors avoir choisi le terme "pays" ?

 

Le terme " pays " peut évoquer, aussi bien le peuple, la nation, le territoire. Cette définition plus large permet d’englober la société et l’histoire d’un pays, sans se limiter à l’un ou à l’autre. Kusturica s’accroche à l’utopie (qui n’est d’aucun territoire) yougoslave.

 

Ce terme permet aussi d’éviter l’écueil nationaliste.

Les personnages du film parle de l’ennemi, peut importe lequel. "Quand on est pas bombardé par les allemands, on est bombardé par les alliés…" ironise aussi Kusturica…

 

Le terme "pays" permet de laisser le champs libre, d’universaliser la réflexion, et de rendre la parabole intemporelle.

 

"Underground est une métaphore sur le destin de la Yougoslavie, qui ne concerne pas seulement les européens, mais l’ensemble du monde. C’est l’histoire d’un leader qui maintient son peuple dans l’obscurité, l’asservit et l’exploite en lui livrant de fausses informations. La plupart des pays ont eu à subir ce genre de manipulation. C’est une manipulation aussi actuelle qu’intemporelle" - Pierre Spengler, producteur exécutif d’Underground.

 

Certes cette citation ne provient pas forcément d’un avis neutre, mais nous ne rentrerons pas dans la polémique.

 

Ce qu’on peut constater, d’un point de vue purement cinématographique, c’est la manière qu’a Kusturica de traiter les faits historiques dans son film. Ils sont tous isolés. Underground n’est pas un film historique mais une fiction sur un fond d’histoire.

 

Partie 2 : Underground


Publié dans Kusturica Dream

Commenter cet article