Stop la grève : je me déplace à Vélib et ça fait suer !

Publié le par Ze FML

Marre des grèves. Comme beaucoup de mes concitoyens, j’en ai assez d’être prise en otage. Voici un énième témoignage, le mien, sur les galères des travailleurs souhaitant se rendre au boulot.


Mercredi 14 novembre.


08h00. Je quitte la maison. Dehors , tout est calme. A cette heure, la rue Réaumur est traditionnellement déjà bouchée. Pour le moment… pas grand monde. Rollers aux pieds, je fais 50 mètres… avant de me raviser. Je suis certes excellente en quad mais vraiment nulle en rollers en ligne, et je n’ai pas prévu de me casser la jambe ce matin.


Direction la station Vélib la plus proche. Surprise : il reste des vélos. Enfin il reste UN vélo. Avec la selle de travers, et mes petits doigts n’arrivent pas à desserrer la manette, ça fera donc l’affaire. Je ne tergiverse pas et prends rapidement l’engin, sous les yeux de mon voisin, arrivé quelques minutes trop tard… Je lui souhaite bon courage, et c’est parti pour la grande aventure !


Première embuche 100 mètres plus loin. Comme il n’y a personne dans les rues, les camions se croient tout permis. Là, ils sont deux à boucher la route : impossible de passer… je choisis donc de rouler sur le trottoir. Première infraction !


Rue de Turbigo, rue Etienne Marcel, rue du Louvre… Pas un bus pour me coller à la roue. Ce périple devient vraiment sympa. Toute joyeuse, je m’enfile dans la cour du Louvre, et je traverse le musée, désert à cette heure. Paris est vraiment une belle ville !


Le passage du pont et l’arrivée sur la rive gauche me ramène à la dure réalité vélibienne : pas si simple de gérer les changements de voies ! Ceci dit, j’arrive détendue à Sèvres Bab : je gare mon Vélib, et je file au café rejoindre mon chauffeur pour l’étape 2 : le covoiturage.


Après un bon café et les quelques clopes qui vont avec, nous nous armons de courage pour affronter la circulation. Bonne nouvelle, c’est relativement fluide, seule la traversée de Paris est légèrement encombrée.


10h30. J’arrive enfin devant mon bureau. 2h30 de transport au lieu d’une heure, c’est toujours très agréable.


18h45. Voyage retour dans une circulation fluide jusqu’au Louvre. Par contre, la rue Réaumur est complètement bouchée.


20h15. Je suis enfin chez moi. Au total, j’aurai donc fait 4h de transport aujourd’hui. Merci qui ?


Jeudi 15 novembre.


07h30. Ce matin, j’ai décidé de partir plus tôt. Première galère : pas de Vélib dispo à la station. Fine connaisseuse du quartier, je me dis qu’il en restera bien un rue d’Aboukir.


07h45. Oui, il en reste… UN. Le pneu arrière est bien dégonflé, mais il faudra que ça suffise. Je prends tout de même le temps de coller une affichette STOP LA GREVE à l’avant de mon panier.


Arrivée au bout de la rue, je n'ai d'autre choix que de prendre la rue Saint Denis à contre-sens... J'use de la plus grande prudence et j'ajuste ma vitesse. Une personne âgée me rudoie : "eh, c'est interdit de circuler sur les trottoirs". Je lui réponds sur le même ton : "Remerciez-moi plutôt de me bouger les fesses et d'avoir les mains bleues pour aller au bureau à vélo au lieu de rester tranquillement au chaud dans mon lit, c'est ce qui permet de payer votre retraite !".


Certains ne comprennent pas que nous autres, usagers des transports en commun, nous n'avons pas forcément l'habitude de pratiquer Paris à vélo ou en voiture, et donc, nous n'avons pas tous en tête les sens interdits... Les jours de grève, peut être vaudrait-il mieux être un peu souples, surtout que nous autres, trentenaires, nous savons bien que jamais nous ne toucherons ces pensions. Alors qu'on ne nous saoule pas !


C’est devant le Forum des Halles que je trouve enfin une autre station. Je rends le vélo-dont-le-pneu-est-encore-plus-à-plat, et je me paie le luxe de choisir le suivant. Un autre Vélibeur en descend gentiment la selle. Merci les mecs, c’est sympa d’aider les Vélibettes !


Je savoure mon bonheur de pédaler en repassant à l’intérieur du Louvre. Pour un peu, je m’arrêterais au Café Marly. Je poursuis mon chemin en chantonnant. Toujours pas de bus aux fesses, ambiance détendue…


08h15. Après ma petite demi-heure de sport, me voilà pile poil à l’heure au rendez-vous avec mon chauffeur. On se prend un petit café, et c’est parti ! Clairement, la circulation est beaucoup moins fluide qu’hier. Ca bouchonne beaucoup dans Paris, un peu moins sur le périph, et carrément pas sur l’autoroute.


10h00. Me voilà au bureau. Comme hier, j’ai mis 2h30 pour venir. C’est décidé : ce soir, je reste à Mantes la Jolie !

Publié dans Grève Party

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