Rêve party

Publié le par Ze FML


Matko le gitan, vit de petits trafics, et ambitionne le coup du siècle : détourner un train d’essence. Le parrain, ami de 30 ans de son père, lui fournit une mise de fonds. Dadan le bandit déjanté qui s’est refait une santé au rayon coke et techno, lui promet l’achat du butin … et le double sur ce coup, volant la marchandise et réclamant sa dette. Il propose alors de marier Zare, le fils de Matko, à sa sœur cadette, la naine Ladybird …

 

 

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" Tes parents te regardent de là-haut "

" Ils ne peuvent rien voir, il y a des nuages "

 

Un cochon qui mange une Trabant, la petite voiture en carton symbole des pays de l’Est, une femme obèse qui enfonce un clou avec ses fesses alors que les parieurs s’affairent pour savoir qui du clou ou du cul va céder le premier, un vieux parrain gitan avec des lunettes en or massif et une carcasse de voiture en guise de fauteuil roulant … Les images kitschs et délirantes ne manquent pas dans la nouvelle comédie complètement déjantée d’Emir Kusturica. S’il nous avait habitué à de grands drames, cette fois, le cinéaste s’est vraiment lâché.

 

Oublié les questions douloureuses sur la Yougoslavie, fini les questions de suicide, au placard les questions existentielles, tout dans ce film est voué à l’humour et à la fête, la musique explosant dans chaque scène comme une bouffée d’oxygène, mêlant le son traditionnel tzigane aux accents rock et dance. Les plans suivent ce tempo d’enfer, et s’enchaînent à la vitesse de la lumière dans un rythme étourdissant.  On pense au Temps des gitans, en version rock et techno. Ici le Scheik se repasse sans cesse la cassette de Casablanca et dispose d’un système de vidéosurveillance, alors que le vilain gangster Dadan carbure à la coke et à la techno, se déplace en limousine entourée de poulettes occidentalisées, mais en bon gitan, arnaque ses amis, dispose de quelques hommes de main et n’a qu’un but : marier sa sœur.

 

On retrouve bien sûr des motifs classiques chez Kusturica, des oies sauvages qui courent partout dans le film au voile de la mariée qui s’envole, des cartons qui bougent tout seul au méchant qui patauge dans sa propre merde  … Et comme toujours, le point culminant est la scène du mariage, moment clé de la vie dans la communauté tzigane. Sauf que cette fois, l’important pour les mariés, c’est de fuir, de ne surtout pas passer leur vie ensemble. Zare veut se marier avec celle qu’il aime, Ida, et Ladybird croit au coup de foudre, tout comme Grga le géant. Leurs routes se croiseront dans une scène digne de La Belle au bois dormant : tout y est, la chaussure, le prince charmant … et quelques bandits gitans armes au point pour rappeler que ce n’est pas une production Disney. Happy end.

Publié dans Kusturica Dream

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