Rencontre du troisième type

Publié le par Ze FML

Voici le nouveau numéro du feuilleton désormais attendu par beaucoup d'entre vous et pour ne rien changer, vous aurez de quoi vous amuser. Je suis dorénavant en croisade contre certains conservatismes, et y'a du boulot.

 

LE sujet du moment, vous l'avez lu, concerne les demandes de formation. Je vous contais la semaine dernière les modalités pour être « dans les clous » et espérer décrocher le Graal. J'ai donc étudié précisément cette semaine les formations qui pouvaient m'intéresser, le calendrier, le coût, et fait valider mon projet à mon chef afin de m'assurer de son soutien –surtout au moment où il devra apposer sa griffe.

 

Jusque là, ce fut d'une simplicité déroutante. Dans mon malheur (comprendre, dans la Fonction Publique), il y a un point positif : mon chef. Cet homme en fin de carrière est issu du privé, et a choisi de tenter l'aventure du public lorsque le Maire lui a proposé de prendre la direction de la communication. Il a trouvé le challenge intéressant. Pour un homme qui a monté plusieurs boîtes dans sa vie, il pense globalement comme moi sur les questions de personnel et de rationalisation du temps de travail, c'était donc un jeu d'enfant que de lui présenter mes idées en matière de formation.

 

Hélas, l'étape suivante était l'enregistrement de ces demandes. Et là, il fallait remplir un formulaire. Petit problème : je souhaite suivre une formation qui n'est pas dispensée par le CNFPT (auquel la Mairie cotise)… et donc il n'y a pas de formulaire. J'ai insisté pour connaître la procédure de demande, puisqu'on m'avait dit la semaine dernière qu'il fallait IMPERATIVEMENT faire une demande selon les modalités prévues et remplir le formulaire.

 

Donc question logique au service du personnel : comment fait-on lorsqu'il n'y a pas de formulaire ? « Ah ben je sais pas, on ne le fait jamais ». Petit rappel : la personne qui m'a répondu cela est payée pour faire une réponse aussi stupide. Deuxième rappel : elle ment car je ne suis pas la première à demander des formations hors CNFPT.  J'ai donc proposé de faire un courrier de demande à l'élue en charge du personnel, puisqu'il m'a été dit que in fine, c'est elle qui accorde ou non la formation. Entre nous : pourquoi alors s'adresser aux incompétents…

 

Et là, surprise : dans la minute, j'ai reçu un mail copie-la-terre-entière qui me disait que ce serait non. J'ai donc répondu copie-la-terre-entière  qu'on m'a dit de faire un courrier à l'élu et qu'elle validerait ou non, en demandant si je devais poursuivre ou non ma démarche. OK je vous l'accorde, c'était un peu dire à la responsable du personnel que je m'en fichais de son « non », mais avouez qu'elle ne l'avait pas volé.

 

Et là, encore plus fort (eh oui, c'est possible…). Après avoir tenté de me faire passer pour une biiiip en prétendant qu'elle ne trouvait pas sur le site de la Documentation Française la formation pour le concours 3ème voie, et que je l'ai très subtilement mouchée en lui expliquant que c'était les mêmes épreuves que le concours interne, elle m'a apporté l'argument qui tue : « mais le CNFPT propose une très bonne formation ET EN PLUS C'EST SUR LES HEURES DE TRAVAIL ».

 

Or, c'est bien là le problème… Ladite formation du CNFPT est longue et existe en deux formules : 1 jour par semaine pendant 1 ans, ou deux sessions de 15 jours consécutifs. Idéal à suivre quand on est journaliste-webmaster et qu'on n'a pas franchement la main sur les dates des éléments qu'on couvre !!! Pour info et c'est important : ma collègue journaliste a choisi la formule « deux sessions  de 15 jours », et n'a pu assister à la seconde pour cause de bouclage. Ou comment gâcher l'argent public, mais ça doit être un détail.

 

J'ai donc bêtement répondu que c'était justement ça le problème, et que c'était précisément parce que ça n'était pas possible que je demandais le e-learning !!!!! Vous pensez que c'est légitime ? Non. Ca a fait l'effet d'une tornade, et ma graphiste, qui est au même étage, a entendu hurler dans les bureaux.

 

Pourquoi ? Mais parce que je touche aux sacro-saints ACQUIS SOCIAUX. On dirait un tract de la CGT. Le service du personnel estime ma demande dangereuse et a peur qu'on oblige les employés à suivre les formations sur leur temps personnel. Quelle méconnaissance du fonctionnement des formations, et quel raccourci… Si je comprends bien, au nom de ces biiiip d'acquis sociaux, je devrais payer ma prépa parce que je ne PEUX pas la suivre sur mon temps de travail ?

 

Excédée par ces conservatismes totalement inadaptés à la réalité, je suis entrée en croisade :  j'ai préparé mon courrier à l'élue concernée, puisque c'est elle qui décide. Je ne résiste pas au plaisir de vous le copier/coller et je vous incite lire ce petit bijou : j'espère que vous en rigolerez autant que moi !

 

Madame,

 

Engagée à la Mairie de MaVille sur un poste de journaliste webmaster en tant que contractuelle, je souhaite passer le concours de rédacteur (catégorie B) qui correspond à mon poste et qui est organisé le 16 septembre 2009.

 

Pour accroître mes chances de réussite au concours, j'aimerais bénéficier d'une formation de préparation. Cependant, le poste que j'occupe ne me permet pas de m'absenter au rythme prévu par la formation du CNFPT, à savoir soit 1 jour par semaine, soit deux sessions de 15 jours.

 

Ce rythme est en opposition complète avec les objectifs qui m'ont été fixées, et qui sont ceux décidés par la municipalité. En effet, je suis en charge du site internet de la ville, qui sera lancé au début de l'année, et qui nécessite ma présence constante tant pour son démarrage que pour sa mise à jour.

 

Etre absente 4 jours par mois, soit près de 20% du temps de travail, est inenvisageable si l'on veut réaliser cet objectif et disposer d'un outil performant. Etre absente deux fois 15 jours, en suivant les « universités d'été », l'est encore moins.

 

Cet argument n'est pas négligeable : un agent de notre service, inscrit à la formation sous le format « université d'été », à savoir deux sessions de 15 jours, n'a pu se rendre à la seconde session pour nécessité de service. Nous savons déjà que je serai dans le même cas.

 

En conséquence, j'estime délicat de demander à la collectivité de payer une formation à laquelle l'expérience nous indique qu'il est peu probable que je puisse être parfaitement assidue pour raison de service (et non de convenance personnelle) : le risque de gâchis financier, de surcroît de fonds publics, est trop grand.

 

D'autre part, notre service envisage d'autres formations professionnalisantes, et  chef de service pense comme moi qu'il serait lus judicieux d'être en formation sur les heures de travail pour des formations qui servent dans le cadre professionnel, ce qui n'est pas le cas des concours.

 

Pour toutes ces raisons, j'ai l'honneur de solliciter une formation en e-learning. Le principe est simple : l'organisme envoie des cours à travailler, et l'elève renvoie des devoirs qui sont corrigés par des professeurs. Un forum en ligne et un soutien par mail sont également proposés.

 

Malheureusement, le CNFPT ne propose pas encore cette formation. Plusieurs organismes offrent cette préparation, et notamment la Documentation Française et le CNED, dont le sérieux n'est plus à prouver.

 

Le coût est minime, de l'ordre de 370 euros toutes options incluses (cours, fiches d'actualité, correction des devoirs) et donc nécessairement inférieur à ce que coûte à la collectivité l'absence de l'agent au rythme prévu par les formations du CNFPT.

 

A la Documentation Française, la formation débute en janvier, pour une préparation de douze mois, incluant donc les oraux. Dans cet organisme, comme au CNED, il est naturellement possible de s'inscrire plus tard, mais l'élève dispose alors de moins de temps pour préparer son concours : il est dommage de diminuer ainsi ses chances. Aussi, si cette formation était acceptée, il serait bon de la débuter au plus tôt à partir de mi-janvier, et au plus tard mi-février 2009.

 

J'ai bien conscience des impératifs budgétaires auxquels vous devez faire face, et j'ai bien en tête que vous ne pouvez pas avaliser toutes les demandes de formation, surtout celles qui sont hors du cadre du CNFTP.

 

Toutefois, ce type de demande devrait rester très exceptionnel, et l'obtenir ne devrait pas créer d'appel d'air parmi mes collègues : peu d'agents demanderont à suivre une formation sur leur temps personnel lorsqu'ils peuvent la suivre sur leur temps de travail, et peu nombreux sont ceux à avoir des impératifs de disponibilité tels que nous autres journalistes, qui sommes tributaires d'événements qui ne sont pas déterminés au moment des inscriptions.

 

Si ce choix est certainement décalé par rapport aux demandes habituelles, ce n'est pas le plus facile ni le plus confortable pour la future élève que je suis, étant donné que je devrai suivre ces cours sur mon temps personnel. Soyez assurée que cette demande ne constitue en aucun cas un caprice, mais bel et bien un choix responsable, issu de la volonté de concilier mon projet professionnel avec les impératifs de mon service, tout en prenant garde à l'utilisation des deniers publics, que l'on ne peut engager à la légère.

 

Enfin, vous aurez compris que l'e-administration et la dématérialisation de l'administration étant l'un des chantiers de la municipalité, il reste logique pour le webmaster que je suis propose la dématérialisation des formations. Si cette idée n'est pas validée cette année, elle pourrait peut être vous séduite pour les futures demandes.

 

Dans l'attente de la réponse qui sera apportée à ma demande, je vous prie de croire, Madame, à l'assurance de ma parfaite considération.

 

ET TOC !

Publié dans Administration inside

Commenter cet article