Questionnaire de l’UMP : crash test ou leurre ?

Publié le par Ze FML

carte_ump-dacf0.jpgComme le décrit si bien le polar politique Dans L’Ombre, brillamment écrit par deux ex-apparatchiks, il est essentiel de considérer la vie politique est un métier : à tous les échelons de la vie politique œuvrent des professionnels expérimentés, qui appliquent des techniques identiques quel que soit le positionnement de leur formation sur l’échiquier politique.


Les partis politiques, quant à eux, organisent la ligne à tenir, et la mise en application de la méthodologie en fonction des objectifs souhaités : vie militante, recrutement des adhérents, formation, élections, meetings… Les schémas de fonctionnement d’un parti sont, dans les grandes lignes, similaires pour toutes les formations politiques. L’objectif reste le même pour tous : recruter des adhérents, les rendre visibles, et les conserver. Les moyens d’y parvenir ne varient qu’à la marge, c’est la touche marketing qui vient personnaliser une base pourtant identique pour toutes les formations.

 

Lorsqu’un parti perd des adhérents, ou ne parvient plus à les mobiliser, il peut être intéressant d’en chercher la cause, notamment à l’aube d’élections majeures, afin d’être en mesure d’apporter une réponse permettant de remobiliser les troupes. Naturellement, le contexte politique est un bon indicateurs, et l’analyse des apparatchiks indispensable.  L’UMP, en perte de vitesse, en partie en raison de sa dérive droitière qui a déplacé son centre de gravité sur sa droite, et peine à se représenter comme le parti majoritaire comme l’union de la droite et du centre, a choisi de consulter ses militants, via un questionnaire de satisfaction. C’est, d’un point de vue strictement technique, extrêmement intelligent.

 

 

Toute la première partie de cette consultation porte sur le service apporté par le parti : accueil, formation, contacts avec le siège national et les cadres, qualité des réponses, … S’il est peu probable que les résultats permettent vraiment de produire des modifications méthodologiques applicables avant la présidentielle –ils seront rendus publics lors des universités d’été début septembre-, ils donneront au moins l’impression aux militants d’avoir pu s’exprimer, et au parti d’envisager quelques rustines visibles dans les process utilisés en interne.

 

L’UMP applique là une des techniques de base : cajoler les militants, surtout en période de gros temps, afin de limiter les divisions internes et de rassembler autour de l’objectif commun que constituent les élections à venir, tout en laissant la possibilité aux adhérents de se livrer à la critique du parti. D’autres formations politiques, plus petites, n’ont toujours pas compris qu’il vaut mieux parfois organiser l’expression interne, plutôt que de laisser court à la colère des adhérents, qui finit immanquablement par se retrouver sur la place publique.

 

Au-delà de la câlinothérapie, ce questionnaire permettra en partie d’affiner le projet 2012, en recensant les priorités thématiques des adhérents. Mais surtout, grâce à une cartographie précise des adhérents dont le parti dispose –famille, avis sur les grands sujets, historique d’adhésion avant et dans l’UMP, raison du départ- ces résultats constitueront à n’en pas douter une belle base de travail pour l’après Sarkozy, nouvelle ère politique qui débutera, que le président de la République gagne ou perde l’élection, au lendemain du second tour.  

 

Autant dire que cette consultation peut se révéler très utile pour reconstruire la Droite d’après… sous réserve toutefois qu’un nombre représentatif d’adhérents y participe, et que les résultats soient publiés en interne dans leur intégralité. Ce qui, au sein d’un parti, n’est jamais gagné...


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