Pour ou contre Sarkozy ?

Publié le par Ze FML

Le Figaro nous explique gentiment ce matin que 2/3 des électeurs de Nicolas Sarkozy ont voté pour lui par adhésion, contre une courte majorité des électeurs de François Bayrou, et un tiers seulement des électeurs de Ségolène Royal.


A priori on pourrait se dire, à la lecture de ce commentaire, « tiens, Nicolas Sarkozy convainc ». Sauf que justement, c'est une lecture hasardeuse, car ça ne fait jamais que 20% des votants. Il reste donc à réunir un minimum de 30% d'électeurs non convaincus. Pas si simple !


Si Ségolène Royal, en dépit de son piètre programme, parvient à réunir 2/3 d'électeurs contre Sarkozy, il y a fort à parier que dimanche, ceux-ci feront de même. Quand à Bayrou, la moitié de ses électeurs, selon ces mêmes sondages, proviendrait également d'un vote « Tout sauf Sarkozy ». Si tel est la réalité, cela donnerait une réserve de voix supplémentaire à Ségolène Royal, qui disposerai ainsi des 36% de voix de gauche, ainsi que des 9% de Bayrou, soit 45%.


En théorie –et c'est bien le calcul du Figaro- Nicolas Sarkozy devrait l'emporter, avec 53 à 55% des voix. Si le combat paraît, sur le papier, bien engagé pour Sarkozy, n'oublions pas que la gauche et Bayrou ont parfaitement su mobiliser les anti-Sarko –et le vote des banlieues en faveur de Royal le démontre- ce que logiquement la gauche devrait reproduire au second tour.


Inversement, à droite, les électeurs qui n'ont pas voté « utile » dès le premier tour devraient, pour une partie, s'abstenir. En effet, il y a fort à parier qu'une partie des électeurs du FN, déçus du score de Le Pen, qui lui-même s'est estimé spolié de ses voix, ainsi que des électeurs de De Villiers, ne se déplacent même pas aux urnes… ce qui ferait alors artificiellement monter la gauche.


La gauche, y compris chez les extrêmes, ayant appelé à voter Royal pour faire barrage à Sarkozy, la clef du scrutin réside désormais chez les centristes et électeurs des autres candidats de droite. Sarko y dispose d'une bonne réserve de voix. Le seul risque, pour lui, réside finalement dans l'abstention, qui pourrait artificiellement faire monter la gauche.  

Publié dans Politics

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