Pi

Publié le par Ze FML

1802498.jpgMax, brillant mathématicien, souffrant d’insupportables migraines, est sur le point de trouver la formule numérique qui renferme le secret des fluctuations de la Bourse …

 

Histoire de rond(s)

 

Pi est le symbole du plus ancien problème de mathématiques : c’est le rapport constant qui existe entre la longueur d’une circonférence et son diamètre,  d’une valeur aux infinies décimales proches de 3,14. Mais Pi n’est pas un film sur les maths réservé aux scientifiques et incompréhensible pour les autres. C’ est avant tout un thriller dont le principal protagoniste, Max Cohen, est traqué par une firme de Wall Street et des kabbalistes, car tous veulent s’approprier le résultat de ses recherches : un nombre qui permettrait pour les premiers de résoudre le mystère des fluctuations boursières, et par conséquent de prévoir le cours des changes, et qui pour les second renfermerait le véritable nom de Dieu. Les maths et le mysticisme ne sont donc qu’un prétexte à cette course-poursuite.

 

Dans le même temps, Max souffre d’insupportables migraines qui lentement vont le conduire à la perte de la raison. En effet chaque attaque lui donne en effet des hallucinations et le plonge dans une sorte de rêve où sa paranoïa latente – il vit enfermé chez lui grâce à de multiples verrous – trouve un espace d’expression. Peu à peu, son obsession pour ses recherches le mène à croire le discours cabaliste, et à penser qu’il est l’élu de Dieu : la folie l’envahit et envahit en même temps l’écran et le spectateur.

 

Car cinématographiquement, le  grand intérêt de Pi est d’être un film subjectif. Le film entier est construit pour être lu du point de vue de Max Cohen, comme si le spectateur était dans son esprit : les cadres sont composés essentiellement de gros plans, pour que l’on reste dans une focale la plus proche possible de l’œil humain,  idem pour le placement de la caméra, par dessus l’épaule d’un personnage par exemple, le montage est également  structuré en fonction de ce que Max voit – retournements brusques - … Ces procédés cinématographiques produisent un effet subjectif particulièrement marquant dans les scènes de migraines, où le son et l’image, dans une répétition de bruitages et de jeux de contrastes très marqués entre le noir et le blanc,  se conjuguent jusqu’à ce que le spectateur ait lui aussi la migraine.

 

Scénaristiquement, artistiquement, mais aussi économiquement parlant puisque le film a été réalisé avec seulement 60 000 dollars, Pi est un film immanquable : c’est un de ses films qui ravive notre flamme de passionné du 7ème art, parce qu’il prouve en 1h25 que tout n’a pas encore été vu au cinéma, il relance la créativité et montre aussi qu’il est encore possible, même aux Etats-Unis,  de faire du bon cinéma sans en avoir les moyens.


 

Publié dans Ciné-Mind

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