Musica !

Publié le par Ze FML

 

 

Le style de Kusturica est très marqué par la place qu’il donne à la musique, même si ses premières œuvres ne disposaient pas d’un tel équilibre entre l’image et le son. Ses deux premiers films contiennent en effet très peu de musique, et celle-ci n’a pris une importance capitale dans sa cinématographie qu’avec l’arrivée de compositeur Goran Bregovic pour Le temps des gitans. Comme Kusturica, la musique vient aussi de ses contrées balkaniques, essentiellement d’inspiration tzigane, riche en cuivres et cordes, dont l’instrument roi reste incontestablement l’accordéon. Le rythme est toujours soutenu et dansant, car la musique est avant tout une fête.

 

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Si la musique permet, conformément à sa fonction traditionnelle dans le cinéma, de souligner les instants de catharsys du film, Kusturica lui accorde un rôle bien plus important, en l’intégrant complètement à sa réalisation. Elle est quasiment systématiquement jouée par les personnages, disposant ainsi d’une place de choix au cœur même du scénario. Perhan, dans le temps des gitans, et Grâce, dans Arizona Dream, sont accordéonistes. Et dans Underground et Chat noir, chat blanc, c’est un orchestre gitan entier qui est à l’image ! Dans ce cadre, la musique sert souvent de fil conducteur, permettant ainsi au spectateur de trouver ses repères. Ainsi le morceau traditionnel Talijanska suit le cheminement de Perhan tout au long du Temps des gitans, le ramenant sans cesse vers ses origines.

 

Avec Underground, la musique devient diégétique, c’est à dire qu’elle dispose d’un vrai rôle dans le film. Kusturica l’utilise comme la métaphore de la vie et le ciment qui leur permet de survivre. Ils vivent dans des conditions totalement inhumaines, mais ils vivent, accordant foi aux mensonges de Marko, et se déchaînant corps et âmes pour apporter leur contribution dans cette guerre qu’ils croient exister. Le déferlement des cuivres et des cordes de cette fanfare endiablée sont là pour signifier la synthèse de toute l’énergie qui émane de ces personnages trompés. A leur image, la musique est authentique, éclectique, et débordante de vitalité.

 

Avec Chat noir, chat blanc, Kusturica inaugure avec brio le mélange, mêlant la  musique traditionnelle tzigane aux accents rock et techno de la société occidentale. Le cocktail, détonnant, produit un ensemble festif et totalement déjanté qui, une fois de plus, permet à la bande sonore de donner le ton du film.

 

Publié dans Kusturica Dream

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