Malik le héros

Publié le par Ze FML

 

affiche1Yougoslavie, années 50. Mesa est marié, et père de deux enfants. Il a aussi une maîtresse qui, lasse d'attendre, cède aux avances du beau-frère de Mesa, et lui rapporte les paroles suspectes de son amant à propos d'une affiche représentant Marx travaillant devant l'effigie de Staline. Le beau-frère en profite pour de débarrasser de son rival... et Mesa est envoyé en camp de travail. Restée seule, sa femme devra subvenir aux besoins de ses enfants.


L'histoire se déroule dans la Yougoslavie des années 50. Tito et Staline se sont brouillés, les arrestations arbitraires de staliniens ou prétendus tels, et la propagande titiste forment le lot quotidien. Papa est en voyage d'affaires aurait pu être un film grave, traitant avec sérieux et soucieux de la véracité historique cette période sombre de l'histoire yougoslave. Ce qui fait l'originalité du film, c'est justement l'angle choisit par Kusturica pour traiter son sujet. Il a choisi de privilégier l'humanité et l'intimité sur le politique, en plaçant la caméra à la hauteur d'un enfant.


On note quelques lourdeurs dans le style du cinéaste, notamment l'utilisation à répétition d'une clochette pour figurer le somnambulisme de Malik. Cependant, le traitement de l'histoire, alternant l'évocation des persécutions et les scènes de ménages avec les mariages et les réunions de famille, ne cède jamais au sentimentalisme. Cette gaieté typiquement balkanique envahit l'écran et pose l'une des bases du style de Kusturica, directement inspirée de ses racines yougoslaves.

Papa est en voyage d'affaires, deuxième film d'Emir Kusturica, et déjà Palme d'Or à Cannes... Mais qu'y a-t-il dans ce petit film yougoslave sans prétentions, qui puisse toucher autant le public ? 

 

Malik nous fait entrer dans son univers, et décrit son époque et la vie familiale avec ses mots et ses images. Il va ainsi traverser cette période noire avec sa candeur d'enfant, sans mesurer ce qui se passe sous ses yeux, parce qu'il n'est encore qu'un petit garçon, et rêve avant tout de football... Ce qui rend le film si attrayant, c'est la magie qui opère en chaque spectateur lorsqu'il se laisse aller à se souvenir de l'enfant qu'il était qui, comme Malik, ne comprenait pas tout au monde des adultes.

 

Publié dans Kusturica Dream

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