La vie d'une éclopée

Publié le par Ze FML

Depuis lundi après-midi, je suis donc à l'arrêt… et je m'y fais très bien. Encore que lundi soir, j'ai passé une très mauvaise nuit… Aïe aïe aïe ! Et ce n'était que le hors d'œuvre. En effet, une fois éclopée, il faut continuer de vivre et les choses les plus simples deviennent tout à coup très compliquées… et douloureuses.


Ainsi mardi, il m'a été impossible de me laver les cheveux. Et pour moi, c'est un vrai drame. Ma masse capillaire est relativement faible, les poils de ma tête sont fins et plats, ce qui signifie : brushing obligatoire. En ce mardi, impossible de me livrer à l'exercice : tenir le sèche-cheveux en l'air de la main droite était trop demander à mon épaule, j'ai donc zappé l'étape, la mort dans l'âme… Et passé la journée à penser que j'avais les cheveux très sales et très gras, ce qui était grandement exagéré. Mais on est fille ou on ne l'est pas !


Autre exercice périlleux, la douche. Je dois avouer que sur ce plan, je me suis plutôt bien débrouillée. Tant mieux, car il était hors de question de zapper cette étape. Le brossage de dents fut tout aussi rock n' roll mais j'avais déjà zappé lundi soir, et l'hygiène m'interdisait de reporter l'exercice.


Une fois pomponnée, il était temps de passer aux choses sérieuses et de m'attaquer à l'administration. Appel donc à la Sécurité Sociale… un grand moment. Alors que le pharmacien m'avait indiqué que ma carte vitale ne fonctionnait pas, la SS a décidé que si, elle fonctionnait… puisque l'ordinateur ne lui disait pas le contraire. Et que je devais donc me déplacer un mardi ou un jeudi entre 8h30 et 12h30 pour venir la tester au centre. Bref, ils ont refusé de m'envoyer un imprimé pour refaire la carte vitale.


J'ai protesté, expliquant que blessée et en arrêt pour accident du travail, il était peut être un peu périlleux de descendre le coteau et de risquer de me rompre le cou, alors que je n'étais pas censée bouger de chez moi pour… tester une carte ! Et là réponse stupéfiante : je n'avais qu'à demander à mon mari.

Voilà le monde dans lequel on vit : tout le monde a un mari, ou un boy à disposition. J'ai alors expliquée que j'étais seule, avec une mère à Cuba, un frère en province, et un père qui bosse 16h par jour, mais non, il fallait que je me démerde. Que je vienne, ou que j'attende d'être guérie et que donc pendant ce temps, je ne bénéficie pas du tiers payant. Waouh, avec la neige, je me suis tout d'un coup crue en URSS…


Heureusement étant en accident du travail, je n'ai aucun frais à avancer pour mes soins. Ceci dit ça ne résoud pas mon problème car quand j'irai mieux, la sécu sera ouverte… pendant mes heures de bureau. Quel monde formidable !


Dans l'après midi, j'ai pu constater que le téléphone arabe avait bien fonctionné dans la mairie de Chaville, puisque le service RH m'a appelée pour avoir ma version de l'accident. Et ils ne l'ont pas appris par mon boss mais par A-côté-de-la-plaque, nouvelle DRH mais aussi grande colporteuse de ragots. Elle tenait l'info de sa copine Miss A-rchives, qui le tenait de Miss Marchés, elle-même rencardée par la biiipp témoin de ma chute, vous savez, celle qui n'est même pas venue m'aider à me relever ou voir si j'allais bien.


Coloc, toujours aussi sympa et serviable, est venue me rendre visite pour m'apporter les documents nécessaires à la prise en charge de mon accident du travail, et les dossiers dont j'avais besoin pour mon travail, afin que j'avance un peu pendant la semaine, à mon rythme. Ayant accès à mes mails, je mets à jour le site internet, et j'essaie d'avancer un peu sur le futur site. Mais à rythme vraiment ralenti.


Journaliste, en revanche, a une fois de plus montré son côté froid. J'ai ainsi appris qu'en apprenant que ma chute n'était pas une blague, elle avait dit très sérieusement : « J'espère que l'appareil n'a rien ». Quelle truffe, et surtout inculte : si l'appareil avait eu quoi que ce soit, l'assurance aurait pris en charge l'achat d'un nouvel outil… Et ça se dit journaliste… Mouarf !


La visite de Coloc a été l'occasion de sortir Caramel, enfermé depuis 24h… J'avais pourtant installé à la maison un rectangle en matière « couche » sur le sol, variante du papier journal, afin qu'il puisse se soulager, mais il n'avait pas voulu s'y plier. Propre, et conscient qu'il se passait quelque chose d'anormal, il n'avait pas voulu faire une « bêtise » à l'intérieur ». Brave chien… même s'il a sauté sur moi à plusieurs reprises, me faisant un mal… de chien !


Aujourd'hui, mercredi, ce fut une journée que je qualifierais d'intéressante. J'avais rendez-vous au cabinet de radiologie de l'Atrium. Donc cette fois, je me suis lavée les cheveux. Et ça n'était pas une mince affaire : essayez donc de vous shampouiner à une seule main –bah oui, impossible de me tordre l'épaule !- sachant que cette main n'est pas la dominante… Vous voyez le tableau ? Imaginez-moi maintenant tenant de la main droite le sèche-cheveux avec le bras totalement à la verticale, et en bougeant juste le poignet, pour sécher ma petite tignasse… Un grand moment !


Il a fallu ensuite m'habiller. Si je maîtrise désormais totalement l'habillage à une main, je ne suis pas du tout au point sur le laçage de mes chaussures de chantier à une seule main ! Et je n'avais guère de choix : le sol verglacé imposait des chaussures avec un minimum de crampon, donc ce ne sont pas mes bottes de marin qui allaient m'aider. Les Aigle, ça va sous la pluie, mais sur le verglas, ça glisse…


Une fois ces tâches terminées, j'étais à l'heure, car j'avais calculé « large ». Enfin c'est ce que je croyais jusqu'à ce que j'arrive à l'arrêt de bus, et que je me trouve confrontée au problème de la jeune active qui découvre les horaires de bus aux heures creuses : ce fichu Mavilbus n'est même pas foutu de passer à heure fixe !!! J'ai donc du descendre à pied jusqu'au Puits sans Vin… C'est sans joie que j'ai abordé la descente du coteau.


Arrivée au Puits sans Vin (ou le puissant vin, comme vous préférez), j'ai chopé un 171 direction l'Atrium où se trouve le cabinet de radiologie. Et là, ce fut le drame… Eh oui, pour passer une radio, il fallait… me déshabiller (première épreuve) mais surtout me faire torturer le bras –et donc l'épaule- dans tous les sens. L'enfer !


Sur le chemin du retour, je suis passée à la sécurité sociale… fermée, évidemment. C'est ainsi que j'ai appris qu'elle n'était ouverte que les mardis et jeudis entre 8h30 et 12h30, comme je vous l'ai indiqué au début. Super…


J'ai ensuite pris mes pieds pour marcher jusqu'à la pointe de MaVille, car il n'y avait toujours pas de Mavilbus et vu les températures négatives, je ne me voyais pas finir congelée sur place. Ce qui m'a permis de passer chez mon dealer -le tabac de la Pointe- et d'enfin trouver mes Vogue Menthol, en rupture de stock ailleurs. Passé ce petit intermède, il fallait remonter le coteau, par le Parc Fourchon.


Contre toute attente, la montée de l'avenue Talamon s'est relativement bien passée, et arrivée au pont de la voie ferrée, j'étais encore en un seul morceau. C'était sans compter sur la toute petite descente qui se trouve de l'autre côté de la voie. Elle fait peut être 4 voire 5 mètres, mais est très abrupte et j'ai glissé… et bien failli me retrouver les quatre fers en l'air. Heureusement, il y a une barrière à laquelle je me suis rattrapée… de la main droite ; AIE ! Mon épaule en a pris un coup.


Une fois sur l'avenue Saint Paul, j'ai… tourné devant le numéro 3 et commencé à remonter l'allée, avant de réaliser que je n'habitais plus là depuis un moment !!! J'avais suivi instinctivement le chemin de mon ancien appart… Bon, j'ai fini par arriver à mon domicile actuel, et j'ai traversé non sans mal la patinoire qui a remplacé la grande cour qui borde l'immeuble.


Une fois au chaud, je n'ai pas résisté aux supplications de Caramel. Une fois de plus, cet adorable petit chien n'avait pas suivi ma proposition de faire ses besoins sur sa couche… Je l'ai donc sorti, au péril de ma santé. Sans toutefois monter jusqu'au bois, c'est trop dangereux et étant en accident du travail, je ne peux décemment pas courir le risque. Ca ne l'a pas empêché de profiter du grand air frais !


Enfin de retour chez moi, je me suis promis de ne plus en sortir !!! Et j'ai pris du bon temps. Je me suis largement reposée, les épreuves du matin ayant rendu nécessaire le repos de mon épaule. En fin d'après midi, j'ai tout de même bossé, et mis à jour le site. Mon Boss m'a appelée, pour prendre des nouvelles et me donner quelques indications. Et si vous voulez tout savoir… Je suis la reine de la quiche lorraine ! Celle que j'ai concoctée pour le déjeuner était tout simplement délicieuse.


Ce soir mercredi, petit bonheur à la télé : le retour de Bernadette ! Eh oui, madame Chirac bouge encore, et ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre : si seulement on pouvait voir un peu plus son mari… Cher président, vous nous manquez ! Enfin le grand, pas l'autre… Le petit a encore accentué un peu plus son côté « je suis le chef de tout » en proposant la suppression du juge d'instruction. Certes, il y a eu des erreurs, mais faut-il vraiment confier l'instruction au procureur, soumis au Garde des Sceaux ? Quid alors de la séparation des pouvoirs ?


J'ai enchaîné sur Les maçons du cœur et l'impayable Ty Pennington, qui me fait hurler de rire, et les incontournables de Dechavanne. Ok, je connais par cœur toutes les émissions de Dechavanne et j'en ai vu un certain nombre en direct sur le plateau, et alors ? Retrouver le Prince Cricouille, ça fait bien plaisir… Même si j'ai toujours préféré le bloc notes de Ciel mon mardi à Coucou c'est nous.


Voilà pour les news, j'espère qu'elles vous auront rassurées sur mon état. D'ici la fin de la semaine, le programme sera un peu plus chargé. Demain soir, déplacement au SEL de Sèvres pour voir le spectacle Sarkomania qui je l'espère, tapera sur le Sarko Show…

Et vendredi soir, retour à Mantes la (très) Jolie pour la soirée des vœux ! Je suis ravie de retrouver tous les copains, M, R, R, F, et tous les autres, sans oublier l'Helvète puisqu'il sera bien de la partie !

Publié dans Administration inside

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