La santé est gratuite*

Publié le par Ze FML

 

sante-marchandise.gifJe ne connais rien aux questions de santé. Si vous voulez lire une spécialiste du sujet, je vous conseille le blog de l'excellente Cécile Renson. Mais en ce qui me concerne, n’attendez rien d’autre qu’un point de vue de néophyte… de simple citoyenne.


Hier, j’ai écouté le président de tous les français faire son énième SarkoShow. Et j’ai surtout entendu le président des plus riches, celui qui laisse les plus démunis sur le bord de la route. Quant on sait que personne n’est à l’abri d’un accident de vie –au chômage depuis 8 mois, j’ai une petite idée de la vitesse à laquelle on peut devenir pauvre- c’est carrément indécent car tout le monde est concerné par la solidarité. Ou devrait l’être.


Revenons à nos moutons, les questions de santé. Hier, notre très cher (en deniers) président nous a donc sorti LA phrase qui m’a faite bondir : « la santé est gratuite ». Gné ? Du forfait sur les consultations aux dépassements des plafonds de soins non remboursés en passant par les franchises de plus en plus importantes sur de plus en plus de médicaments, la santé est devenue chère, très chère.


Certes, nous avons un système de sécurité sociale que de nombreux pays nous envient. Mais de là à dire que la santé est gratuite, il ne faudrait pas pousser le bouchon. De plus en plus nombreux sont nos compatriotes à retarder certains soins, faute de pouvoir en assumer le coût. Cela m’est arrivée et ce bien que j’ai une excellente mutuelle, que je parviens encore à payer. Pour combien de temps ?


Souffrant de problèmes de dos, je dois régulièrement passer des radios pour suivre l’évolution du mal qui me touche, et en théorie, je devrais mon médecin pour une autre affection pérenne qui demande de nombreuses consultations. Je ne le fais plus. Motif : au chômage, touchant 43% de moins que mon dernier salaire, je ne peux avancer ces sommes et en attendre le remboursement. J’ai également renoncé aux soins dentaires, et j’entretiens mes quenottes avec les moyens du bord, c'est-à-dire une hygiène irréprochable qui frise la maniaquerie. Ces soins là, en plus d’être hors de prix, sont trop mal remboursés pour que je puisse me les offrir. Si on part dans les soins plus luxueux, j’aimerais aussi arrêter de fumer. Vraiment. J’ai même déjà tenter de le faire seule mais vu les effets sur mon comportement, on m’a supplié de reprendre. Il paraît que ça me rend irritable. J’ai cédé à chaque fois… Donc j’ai besoin de soutien médical. Mais hélas, le traitement coûte plus cher que les clopes. Donc je continue de fumer. Le choix est purement financier… Débile, hein ?


Problème aussi du côté de l’administration. Admise aux urgences en fin d’année dernière, j’ai pu présenter ma carte vitale et ma carte de mutuelle à la réception. L’hôpital dans lequel j’étais permet,  que je connais bien, pratique, en vertu d’un accord avec ma super mutuelle, l’avancée des frais et donc, en théorie, je n’aurais rien du avoir à débourser, comme ce fut le cas lors de mes précédentes visites. Encore aurait-il fallu que lors de l’enregistrement, ma carte de mutuelle soit bien prise en compte, ce qui n’a pas été le cas. Dois je préciser que j’étais l’unique patiente des urgences ce soir là et que donc, c’était possible ? Nan, nan, il a fallu que je reçoive une facture au pied du sapin de Noël, facture que j’ai eu toutes les peines à honorer. Inutile de dire que la prochaine fois, je me passerai aussi des urgences…


Et la situation ne va pas s’améliorer. La dernière lubie de Xavier Bertrand consiste en effet à faire payer un malus aux patients qui ne présenteraient pas leur carte vitale chez le médecin. Cher Xababa, il y a quelques mois, j’ai été victime du vol de mon portefeuille, lequel contenait ma carte vitale. Dès le lendemain, j’ai fait opposition, réclamé une nouvelle carte vitale, fait toute la paperasserie qui allait avec dans un temps record… tout ça pour recevoir le formulaire de demande 2 mois plus tard et la carte vitale encore un mois après ! Soit 3 mois pour refaire ce bout de plastique ! Dis moi Xababa, vais-je devoir payer de ma poche ton malus alors que j’ai subi une agression  et supporté la lenteur de tes services ??? Double peine ! Belle conception de la solidarité où le patient doit payer, payer, et encore payer !


Quant à la cinquième branche de la sécurité sociale, destinée à la dépendance, nouvelle marotte du gouvernement, laissez moi rire… Qui a les moyens de prendre encore une complémentaire ? Pas moi… La question ne m’intéresse même plus : je m’en sens exclue, faute de moyens. Tu parles d’une perspective pour la trentenaire que je suis ! Tiens, je prendrais bien un Prozac moi. Ah non, pas possible : il faudrait que je consulte, et je ne sais même pas si ce médicament est remboursé convenablement. Face à une telle politique, qui vise à déréguler notre système de santé, je suis de moins en moins patiente, dans tous les sens du terme !!!

 

* Conditions générales de vente relatives à la nouvelle définition de la gratuité : gratuit, oui, mais tu payes quand même hein !

 

Publié dans Politics

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