Du ragot !

Publié le par Ze FML

Cette semaine, c'est ration double de FML News. Il faut dire que j'ai de la matière à ne plus savoir quoi en faire. Et du croustillant de bas étage, comme vous aimez !


Tout d'abord, sachez qu'à la mairie de MaVille, on ne m'apprécie pas. Il paraît que je ne suis pas commode. Bon, ceux qui ont bossé avec moi savent que je dirige mon affaire, et qu'il ne faut pas trop me chercher, mais que globalement, si on n'est pas trop idiot, trop flemmard, ou trop petit chef, ça peut très bien se passer.  Et à la mairie, ça ne passe pas. Pourquoi ?

Souvenez vous, il y a quelques semaines je vous avais copié/collé le mail que j'ai adressé à l'élu en charge du personnel concernant ma demande de formation, puisque c'était la procédure. Mail qui, d'ailleurs, avait porté ses fruits puisque j'ai obtenu un accord pour le financement de cette formation d'un coût modique (370 euros). Et bien figurez vous que c'est ce mail qui me vaut d'être cataloguée « pas commode ». Dixit une pistonnée qui a échu à la DRH, il paraît même « que ça doit être l'enfer de bosser avec moi ». Voilà la question –en substance- qu'elle a posée à ma Coloc… qui m'a gentiment répété la conversation.

Deux constats s'imposent immédiatement : d'une part, ma Coloc m'informe, et apparemment elle ne semble pas terrorisée par moi. Donc à priori, la ragoteuse de la DRH est dans les choux. D'autre part, j'adore qu'on me craigne, ça pose les choses et c'est autant de collègues qui ne me feront pas suer.  Mais a delà de ce premier niveau d'interprétation, il me semble essentiel de tirer un nouvel enseignement du monde magique de la Fonction Publique : il faut être dans le moule… Et pas de chance, je ne rentre dans aucun moule. C'est pas mon truc.


Alors Pistonnée, sois gentille : continue de trembler devant moi, ferme bien ta bouche quand tu me croises, raconte tout ce que tu veux ça fait monter ma cote (auprès des décideurs et désolé, il n'y a que cela qui compte) et surtout n'oublie pas de répandre ce que t'as appris Journaliste (ma collègue que j'ai envie d'étriper) à savoir que j'ai bossé à l'UMP et que par définition je suis donc odieuse, rétrograde, psychorigide et tout en tas de qualificatifs généralement attribués aux gens de droite car dans la Fonction Publique, il est bon ton de les détester.  Et ce même si jusque là, c'est un peu moi qui fait la révolution… Jalouse va !


Puisqu'on est à droite restons-y. Ce matin, appel au cabinet du Maire. Je sens la secrétaire toute émoustillée. Que pasa ? « Oui, oui, j'ai bien eu le mail à propos de la demande d'invit de M. X, mais accessoirement ça ne me concerne pas donc je transfère à Coloc ». Sauf que le secrétariat du monsieur en question a demandé exclusivement après moi. Vous voulez rire ? Le monsieur est chef cab adjoint de Matignon. Accessoirement et pour votre info, je ne le connais pas, même s'il est fort probable que je connaisse quelqu'un de son staff qui aura percuté que je suis dans cette ville et qui donc aura fait un petit coup de réseau : très classique et franchement pas de quoi se prendre pour une star...


Ce qui était très marrant, c'est que tout à coup j'ai décelé dans la voix de mon interlocutrice une espèce d'admiration teintée de crainte mais surtout de respect. Etre connue (probablement par un de ses équivalents) chez le Premier Ministre, ça l'a sciée. J'avoue qu'il y a bien longtemps que ça ne m'impressionne plus tant c'est courant, mais bon… Merci les Matignon, faites le plus souvent, ça fait monter ma cote ! Que je ne subisse pas toujours les mauvais côtés d'avoir un CV un peu coloré politiquement parlant, maintenant que cette biiiip de Journaliste a révélé cet élément à l'ensemble de la mairie…


Passons au bureau d'à côté et revenons sur Mademoiselle. Souvenez-vous, elle s'était mise en arrêt maladie fictif dans un précédent épisode… Et revoilà la sous-préfète ! (spéciale dédicace à Olivier Doran dans la Cité de la Peur). En question, son augmentation. Difficile de récompenser quelqu'un qui refuse d'évoluer (10ème année sur le même poste et les mêmes taches) et qui fait du chantage à l'arrêt maladie. Mais difficile d'ignorer qu'elle forme pour un collaborateur en un an pour la troisième fois. Qu'a fait Mademoiselle ? Un chantage à la formation évidemment !

Dans un premier temps, sa boss, une A fonctionnaire qui arrive tous les matins à 10h et déjeune en 2h minimum, n'a pas défendu son cas et informée la supérieure de Mademoiselle que ce serait non… tout en repoussant l'annonce à vendredi. Bah oui, pas assez sexy. La supérieure en question, une B contractuelle que la A avait voulu virer en septembre car elle lui faisait de l'ombre en bossant, a réétudié le dossier avec la DRH en pointant sur les dysfonctionnements évidents à venir, et demandé un geste minimal. Augmentation accordée à hauteur de 5%.

Résultat ? La A en récupère la paternité (enfin la B a prévenu Mademoiselle, une C, de la réalité du processus…), la C se plaint que ça n'est pas assez), et la B… se ramasse les contraintes, puisque personne n'est content.

Ah, je vous dis, la Fonction Publique, c'est tout un poème… Mais je commence à m'amuser. J'avoue que le côté politique me manque car au moins on pouvait flinguer un peu, et surtout on avait des dossiers qui permettaient de prendre un peu de hauteur ! Parce que le bas de gamme, c'est bon pour vous faire rire, mais au quotidien, ça n'est pas vraiment épanouissant…

Ceci dit c'est la crise, donc je ne peux que rester au terme de ma période d'essai (qui s'achève dimanche) et pour la suite… On verra !!!

Publié dans Administration inside

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