Coups de gueule

Publié le par Ze FML

Puisque vous aimez que je vous parle de moi, je vais vous évoquer un petit désagrément de saison. Certains de mes con-citoyens ont eu l'idée géniale de partager un grand moment de communion avec moi. Malheureusement, le thème de cette séance d'échanges était « les microbes ». C'est ainsi que la sournoise « crève » a attaqué. Après avoir traîné un moment à 10% d'intensité, elle est brusquement passée à 100% ce matin. Damned ! (les aficionados de 24 version US apprécieront…).

 

J'ai donc du adapter ma consommation de café et de coca afin de ne pas piquer du nez entre deux bâillements intempestifs. Curieusement, je dors toujours la journée, mais pas le soir… Pire, depuis une dizaine de minutes, l'étage est en alerte : ils ont peur de Dark Vador… Mais non ce n'est que moi, j'ai juste du mal à respirer ! Il faut dire que depuis qu'un collège tout petit s'est déguisé en l'Empereur en mettant son duffle-coat noir avec sa capuche sur la tête, c'est ambiance « Star Wars » à l'étage. Malheureusement personne ne viendra sauver notre galaxie Fonction publique : même les jedis ont renoncé, c'est dire !

 

Que vous dire de plus… Ce FML News sera aussi celui de mes pensées, car oui, je pense. Ca m'arrive. Incredible.

 

Vous le savez, c'est la crise, et les collectivités territoriales sont touchées comme tout le monde, le nuage de Tcherno-crise ne s'est pas arrêté aux limites de la commune de MaVille. Un audit réalisé par KPMG (voir le prochain dossier de MaVille Magazine, auquel j'ai largement contribué) nous a appris que la municipalité précédente avait surestimé les recettes et sous estimé les dépenses. Un grand classique des années pré-électorales, mais forcément après l'élection, ça se paie. Et la facture est salée.

 

Bref, régime sec en interne ! Et fatalement, mes collègues ne sont pas contents. Faites un effort et comprenez les : ils ont la garantie de l'emploi mais pas de leurs heures sup' !!! A noter que l'un d'entre eux oublie au passage qu'il a été titularisé pour gauchisme exacerbé par l'ancien maire. Donc s'il y en a bien un qui devrait fermer sa grande bouche, c'est lui. Ce qui me permet de reprendre ici une idée intéressante de mon frère : interdire les titularisations à moins de 18 mois des élections. Ce qui obligera les élus à faire au moins un budget incluant le nouveau personnel. A creuser je vous dis !

 

Côté élus, certains comportements sont surprenants. Atteints du syndrome Raymond Forni (du nom de l'ancien président de l'Assemblée Nationale, qui erra dans les couloirs jusqu'à six mois après les législatives, sonné par la défaite), les élus de l'opposition, qui ont perdu la mairie en mars, traînent dans les couloirs. Naturellement ils ont une préférence pour le service des finances, où ils pratiquent la pêche à l'information avec leurs gros sabots, mais certains squattent la com' et les archives : leur nouveau passe-temps, c'est de constituer leur album perso de souvenirs… Ne riez pas, perdre le pouvoir n'est pas simple à gérer pour ces équipes qui ont fait deux mandats.

 

Ce qui me permet de vous conter une drôle d'histoire sur le service minimum dans les écoles. L'ancienne équipe municipale, socialiste, composée de bon nombre d'enseignants (version Assemblée Nationale de 1981 !), était naturellement POUR la grève. Au niveau national et en version officielle bien sûr. En revanche sur le terrain, voilà comment ils ont pratiqué en 1996, alors que j'étais animatrice vacataire.

 

Un matin de grève, une élue de cette majorité bien pensante est venue sonner à ma porte. Facile, j'étais fille d'enseignante disposant d'un logement de fonction. Je passe sur le fait que mon père lui a d'abord claqué la porte au nez (il n'est pas vraiment de sa tendance, et porte un amour très modéré aux enseignants). Cette dame, donc, adjointe au maire, est venu me chercher chez moi pour me demander de garder les enfants que les parents avaient laissé à l'école. J'ai refusé pour des raisons de sécurité, et là, elle n'a pas hésité à me faire du chantage sur mes vacations. Très social comme procédé…

 

Le plus grave dans cette histoire, c'est que pendant les 10 heures où j'ai gardé les enfants, ils n'ont pas été en sécurité. J'étais seule avec 11 élèves de primaire et 3 élèves de maternelle. Ceux d'entre vous qui ont fait de l'animation savent que même en 1996, je n'étais pas dans les clous, puisqu'il aurait fallu que nous soyons 3. Pire, la cantine de l'établissement étant fermé, il a fallu nous rendre dans une école se trouvant à près d'un kilomètre : la mairie m'a refusé le car municipal mais aussi le portage des repas. Je devais donc, en théorie, trimballer mes 14 enfants dans la rue, SEULE évidemment.

 

Ma mère, enseignante dans l'établissement où nous nous rendions et non gréviste, est alors venue me prêter main forte. Pour la sécurité des enfants, nous avons choisi de rallonger le parcours en passant par la forêt. Mes petits ont donc pu disposer d'un déjeuner. Après cette journée stressante à craindre le moindre accident, j'ai fait mon calcul : je devais toucher une jolie somme pour l'étudiante que j'étais. Mais je n'ai pas été payée pour cette journée. Forcément, ça aurait laissé des traces, et politiquement ça ne l'aurait pas fait…

 

Voilà comment sont les socialistes de MaVille et donc, voilà pourquoi je ne les porte pas dans mon coeur. Evidemment depuis l'instauration du service minimum dans les écoles, je raconte cette histoire à toute la mairie. Bah oui, je suis chargée de com', donc je m'occupe de leur promo, je suis une fille très consciencieuse… Et je suis ravie que le nouveau maire ait instauré le service minimum : au moins les étudiants qui garderont les enfants seront rémunérés officiellement, et en plus ils n'auront plus à subir des situations ubuesques, et à craindre pour leur responsabilité car malgré ses menaces sur mon job, j'étais bel et bien responsable de ces enfants… Eux n'avaient pas à faire les frais d'une idéologie.

Publié dans Administration inside

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