Babel

Publié le par Ze FML

babel-France.jpgBabel est un film ambitieux. Tourné à Montréal pendant la tempête de verglas, il se positionne comme un blockbuster familial à l’instar d’E.T ou Gremlins. Les petits Babels sont d’ailleurs aussi sympathiques que Gizmo ou les petits Ewoks … Mais ils ne sont que 3, ça fait un peu cheap.

 

Techniquement,  Pullicino livre un film tout à fait au niveau de ses rêves. On sent les années passées à innover dans le monde du vidéo-clip et de la réalisation TV, deux secteurs qui lui ont permis de se forger une véritable expérience de la réalisation et de la post-production. L’image est maîtrisée, et il réussit dans un domaine qui échappe bien souvent aux français : le rythme.

 

A cela s’ajoute le très bon jeu des acteurs : Michel Jonasz absolument excellent, Maria De Medeiros naïve à souhait, Tcheky Karyo très convaincant en vilain méchant … Sans compter la petite touche “frenchy”, dans une certaine sincérité du jeu, moins détachée et stéréotypée que dans les films US, exceptée peut être pour la méchante directrice d’école …

 

Alors Babel, rêve américain atteint ? Pullicino touche-t-il le ciel ? Et bien non. Car si le film dispose de forts atouts, qui lui promettent une belle carrière au box-office, il a aussi une énorme faiblesse : son scénario. A la décharge de Pullicino, on ne peut que reconnaître que son film est moins simpliste que les blockbusters américains, et que son raisonnement va un peu plus loin que la classique lutte du bien contre le mal déjà vu dans un nombre incalculable de films. Cependant, et là c’est paradoxal, Babel n’est justement pas assez simple ! 

 

Le film développe différentes petites intrigues parallèles toutes reliées par la trame centrale - le projet néfaste de Nemrod de devenir le maître du monde en libérant les forces du mal contenues dans la Pierre de Babel depuis des millénaires. Et finalement, les liens entre ces différentes petites histoires ne sont pas clairs, le scénario s’emmêle en voulant développer des aspects secondaires, et le tout finit dans un joyeux méli-mélo néfaste au film. Doit-on voir dans la confusion du scénario une symbolique, quand on sait que la Tour de Babel symbolise justement la confusion ? ? ? ? ?

 

Autre écueil majeur, le sujet du film : le mythe de la tour de Babel. Petit rappel : le mythe de le Tour de Babel trouve son origine dans la Bible et la Genèse. En bon français, il a voulu en rajouter par rapport au matériau originel, et ne pas se contenter d’adapter le mythe pour le cinéma. Comme dans Astérix il avait fallu aux scénaristes rajouter une potion magique encore plus forte que celle de la BD, là on rajoute au mythe un responsable tout à fait inattendu : le Babel traître. Non seulement le mythe aurait pu se passer de cela, mais il perd son sens !

 

Le mythe de la tour de Babel est une parabole destinée à montrer aux humains les conséquences de leur vanité. Et là les humains sont effacés de la fable … Bien sûr c’est une figuration et chacun remettra le puzzle en place et finira par en retirer le véritable sens, mais la véritable question est pourquoi une telle surenchère ? Pourquoi cette nouvelle mode du “ toujours plus, toujours plus fort ” ? c’est tout simplement dommage, là où un mythe plusieurs fois millénaires avait suffit aux générations passées. Alors, vanité humaine ? Babel cinématographique ?


 

Publié dans Ciné-Mind

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