Je hais mes voisins....

Publié le par Ze FML

J'habite depuis un an dans un immeuble à loyer modéré. La catégorie au dessus du HLM. Situé à proximité d'une forêt, entre deux gares, avec une école à deux minutes et des commerces à 5 minutes, c'est une affaire.

En plus, il est théoriquement bien fréquenté : ici, pas de problèmes de délinquance, pas de surpopulation dans les appartements, les habitants sont de la classe moyenne et moyenne +.

Car nous sommes en ILN. Pour habiter ici, il faut dépasser le plafond de revenus de la catégorie HLM, dépendre de la catégorie HLM mais avoir accepté un loyer plus onéreux, ou encore habiter ici depuis très longtemps... ce qui est le cas de nombreux locataires.


Ce cadre à priori idyllique cache cependant quelques malfaçons. Car un immeuble, ça contient des gens. Beaucoup de gens. Beaucoup trop de gens. Qui ne savent absolument pas se respecter les uns les autres. Ici, l'individualisme est roi. C'est chacun pour soi, et la merde pour les autres. Car l'autre n'existe pas. C'est tout juste un élément du décor. Et si tu pouvais t'en passer...


J'habite entre la famille B. et la famille L, sur le palier du 4ème d'un immeuble de 7 étage. Le moins que l'on puisse dire, c'est que je ne suis pas très bien tombée... Dès mon arrivée, Madame B. a tenté de me mettre le grappin dessus, en me proposant ses restes de betterave -franchement, j'ai une tête à manger les restes des autres ???-, et en sonnant à ma porte pour un oui ou un non. Bon, avouons que tout ceci partait d'un bon sentiment... et cela aurait pu me plaire si Madame B. ne cherchait pas par là à me rallier à ses diverses causes, en d'autres termes à m'acheter.


Elle a commencé à me gonfler sérieusement quand elle m'a invité à son après-midi Tupperware autour de produits de beauté. Nan sérieux, ça existe encore ? Le revival années 60-70, pas trop pour moi... Je l'ai poliment prévenue que je n'étais pas disponible, mais c'était sans compter sur sa volonté de m'embriguader. Le jour dit, j'ai attendu d'entendre du bruit chez elle pour sortir mon chien, certaine que la petite fiesta avait commencé, et que donc, la voie était libre.


Que nenni... Je l'ai croisée dehors -oui, elle avait laissé ses invités le temps d'aller chercher sa fille- et m'a donc ramenée chez elle. Damnit ! Evidemment lors de ce genre de petites sauteries, il faut acheter un truc pour être polie. Je me suis donc retrouvée avec un gel douche relaxant... qui n'a pas une odeur désagréable, mais coûte tout de même 3 fois le prix d'un gel douche classique. Bonjour l'arnaque...


A ce stade, je pensais avoir gagné un peu de répit... mais non ! Elle s'est imaginé que j'étais sa nouvelle copine. Elle a donc retenté le coup de la sonnette. Ma stratégie a d'abord été de ne pas ouvrir -j'ai aussi une vie privée- mais au troisième jour, j'ai préféré que le harcèlement cesse. Et là, ce fut le drame. Madame B voulait à tout prix me faire signer une pétition contre la chienne du 7ème, qui aboit trop. Honnêtement, je n'avais pas remarqué cela. Alors que je suis sur le même palier. Mais j'étais au courant des tentatives fomentées par l'association des locataires contre cette chienne. Faut bien qu'ils se trouvent une raison d'exister...


Aussi, j'ai refusé. Pas question pour moi d'entrer dans une cabale contre un animal. J'ai donc proposé une médiation avec la propriétaire de la chienne, ce qu'elle a accepté. Sauf qu'avant même que la médiation ne se tienne, l'association des locataires, dont Madame B. est membre, avait envoyé un courrier à la propriétaire de la chienne... qui du coup, était nettement moins ouverte à une médiation. J'ai donc pris le parti de cette jeune femme et adressé un courrier à notre bailleur... sans réponse à ce jour. Ca fait tout de même plus de 6 mois...


Et c'est de là que me vient la haine de mes voisins. Non seulement Madame B et ses comparses dont la famille L sont toujours prêts à faire des pétitions contre les autres locataires, qu'ils estiment trop bruyants, mais ils sont incapables de ne pas faire de bruit eux-même. Et je suis bien placée pour le savoir, puisque je suis sur leur palier, entre ces deux familles. Aux premières loges.


Ainsi, tous les matins, je vis un enfer. En semaine, Monsieur L part entre 5h30 et 6h. Nos portes étant bryantes, il me réveille. Car étant dans un studio, je n'ai pas de corridor permettant d'altérer les bruits du paliers. A 7h00, c'est Monsieur B qui part. Dans le même fracas. Suivi à 7h30 par Madame L. Et cerise sur le gâteau, j'ai droit à 8h00 à Madame B, bonne dernière, qui hurle systématiquement sur sa fille, juste devant ma porte. Un pur bonheur !


Mais le week-end, c'est encore pire. D'une part, parce que tout l'immeuble va au marché. Donc de 8h30 à 12h00, c'est un flot ininterrompu qui quitte l'immeuble, en faisant naturellement claquer toutes les portes. Ce qui a pour effet de faire aboyer les chiens. Comme il est facile ensuite de les accuser !!! Il faut ajouter à cela les scooters qui pétaradent juste sous nos fenêtres -moi qui croyait l'époque de la meule révolue, faut croire que les scoots c'est pire- et les squatteurs de la cour.

Oh, il ne s'agit pas de vilains blousons noirs. Non, nous avons une conseillère municipale qui amène ses enfants jouer dans notre cour, une mère de famille qui préfère notre résidence à la sienne, dotés de jeux mais moins bien fréquentée, … Etonnant lorsque l'on sait que le bois est à 50m, et qu'à moins de 100m, en lisière du bois, se trouve un petit parc familial avec des jeux. Petite, c'est là que j'allais. Manifestement, les mamans ont la flemme de monter la cote sur 70m... Effarant.


Il y a aussi le gang des petites vieilles, qui squattent la cour chaque fin d'après-midi. Elles sont plutôt sympas, mais attention, leurs rumeurs sont redoutables. Ainsi, sous prétexte que je ne sors pas mon chien à leurs heures de squatt, l'une d'elle s'amuse à dire que mon chien ne sort jamais et que donc, je le maltraite. Comment lui dire en langage correct que j'évite juste de croiser mes biiiip de voisins, car les saluer m'insupporte ?


Voilà la vie dans cette résidence classifiée « calme » : chacun invente sa loi, critique les autres, leur crée des problèmes en imaginant qu'il a le pouvoir de faire exclure l'immeuble entier, bref, s'occupe de la paille qui est dans l'oeil du voisin sans regarder la poutre qui est dans la sienne. En un mot... je les hais !

Publié dans Me & my life

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